Expressions utopiques : émotions, bilans et projets des festivalier.ère.s UtopiC

Expressions utopiques : émotions, bilans et projets des festivalier.ère.s UtopiC

Expressions utopiques

Le Festival Utopic & Co 2018, un festival du Bien Vivre, organisé du 4 au 8 juillet à Mirecourt a été particulièrement riche. D’où la production de plusieurs articles sur le sujet :

 

  • Agathe Brenguier, cheffe de projet Bien-vivre maintenant, a déjà rendu compte du Festival Utopic & Co 2018 avec un article intitulé « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours» (voir la référence ci-dessous).
  • Camille Morel, chargé de recherche spécialiste de participation citoyenne, a relaté la préparation de l’événement dans un article intitulé « Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co» (voir la référence ci-dessous).

 

Il y a aussi le bilan du festival Utopic & Co 2018 rédigé par les entrepreneuses du bien-vivre. Il est possible de recevoir le bilan écrit en le demandant par message privé sur la page Facebook du Festival : https://www.facebook.com/utopicandco/. Ce bilan a été partagé lors d’un événement collectif à la Bonbonnière (109 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny à Mirecourt) le lundi 5 novembre 2018 de 17h30 à 19h30.

Il s’agit dans le présent article de relater 2 effets du festival :

 

  • comment les participants ont vécu le festival,
  • les idées et projets qui ont émergé.

 

Pour faire état de ces deux effets, nous pouvons nous appuyer sur plusieurs supports :

  • En ce qui concerne le vécu, il s’agit de « l’arbre de l’amour » peint par les patients de l’hôpital Ravenel de Mirecourt.
  • En ce qui concerne les projets, il s’agit du débat « 1 million de révolutions tranquilles » le dimanche 8 juillet 2018 à « L’Atelier du BarÔbois » (https://www.facebook.com/barabeau/) qui a servi pour la préparation artistique du Festival. Nous parlerons de ces projets à la fin.

 

A propos du vécu et de son expression, ce qui marque d’abord est bien l’expression d’émotions.

 

  • 1ères expressions utopiques : des émotions en pagaille !

 

Ce n’est pas une surprise dans un « arbre de l’amour », beaucoup d’émotions fortes et variées ont été exprimées :

 

– « Partage du cœur et festivités réussis tous ces derniers jours ! »

– « DU BONHEUR »

– « J’ai adoré »

– « Ce festival m’a apportée de la joie, et l’assurance qu’il est tout-à-fait possible de réaliser ensemble quelles que soient nos différences. Que d’espoir dans mon cœur aujourd’hui ! Merci »

– « Ce festival est une vraie bouffée de Générosité, de bienveillance, et des rencontres riches et belles… »

 

 

  • Deuxième type d’expressions utopiques : le bonheur oui mais avec les autres !

 

La dernière expression ci-dessus sur la générosité, la bienveillance et les rencontres fait référence aux autres. C’est bien d’être heureux, et ça passe souvent par les autres, non ?! C’est le bonheur par et pour les autres comme dirait certainement Boris Cyrulnik (spécialiste de résilience). A ce sujet, lire L’Ensorcellement du monde (éditions Odile Jacob, 1997) où il explique comment chacun est d’emblée saisi par un réseau de relations. C’est à partir de cette socialisation originelle que l’on peut comprendre :

 

  • quelle est notre place dans le vivant,
  • comment nous en procédons,
  • et comment nous en émergeons.

 

Les festivaliers soulignent plusieurs atouts du festival pour la relation avec les autres :

 

  • L’autre donne de l’énergie :

 

« Le festival m’a permis de reprendre confiance en le pouvoir du collectif/agir ensemble + beaucoup d’énergies très positives. Merci »

« 1 festival fait par et pour les citoyens de Mirecourt -> une énergie incroyable ! »

 

  • L’autre enrichit :

 

« Nos différences sont notre richesse…collective »

 

  • L’autre crée une ambiance :

 

« Ambiance très sympathique et conviviale »

« Ce festival a été un sourire de chacun pour tous »

 

  • L’autre comme potentiel ami demain :

 

« De belles rencontres »

« Ce festival m’a procuré beaucoup de joie, j’ai plein de nouveaux amis sur Mirecourt, et cela me donne envie de créer du lien. L’art sauvera le monde. »

 

  • L’autre pour partager des passions et collaborer :

 

« Se rendre compte qu’un grand nombre de personnes/voisins partagent notre façon de penser, vivre et nos passions »

« Des sourires, des idées, des envies de collectif, continuer à toucher des gens différents avec toutes ces actions, vivre bien et ensemble… Merci ! »

 

 

  • Troisième type d’expressions utopiques : les autres pour mieux s’ouvrir au monde !

 

Rencontrer l’autre, c’est s’ouvrir plus globalement. Ça peut paraître banal pour beaucoup qui voyagent, travaillent…, mais sortir de chez soi est déjà une réussite pour certain.e.s :

 

« Ça m’a permis de sortir de chez moi, et de rencontrer des gens »

 

Ça change les idées par rapport au quotidien habituel :

 

« Un bon bol d’air de convivialité »

« Ça me change les idées de venir »

 

Ça permet de s’intéresser à de nouveaux sujets :

 

« De la curiosité pour de nombreux sujets (agroforesterie !) et le plaisir de voir les gens se réunir et se réjouir. Merci »

 

On se rend compte que « Tout est possible ! »

 

 

  • Quatrième type d’expressions utopiques : un programme et une scénographie au top !

 

Si l’événement n’aurait pas pu avoir lieu sans le travail des nombreux bénévoles, il faut souligner le travail du comité de pilotage, dit « copil » :

  • Odile Bernard, Direction artistique & ateliers Festiv’art
  • Noémie Loisant, Responsable scénographie & ateliers Festiv’art
  • Aurélie Legrand, thème Alimentation/agriculture & Restauration
  • Virginie Desforges, (Re)découvrir Mirecourt & spectacles, logistique , communication
  • Elodie Prouvost, thématique Santé/bien être & relations presse
  • Sandrine Tobie, thématique Etre en forme (sport, détente)
  • Estelle Hervé, débat et participation
  • Maryvonne Bernard, Responsable lien social & réseau

Ce qu’elles ont fait avec les bénévoles a été remarqué et a reçu de nombreux compliments :

 

« Admiration de l’organisation et de la participation bénévole… »

« Le planning est incroyable, bravo pour tout ce que vous avez fait »

« Belle initiative ; Fantastique ; Magnifique ; Incroyable ! »

 

Il y avait au moins deux artistes pour la scénographie, et cela n’est pas passé inaperçu :

 

« Le festival était génial pour une 1ère édition avec beaucoup d’activités variées, et une scénographie inspirée ! »

« C’est beau ce que vous avez installé, j’adore les valises »

 

On peut dire que ça incitait à la créativité et voici la preuve : « C’est pas là qu’on vit alité »

 

 

  • Cinquième type d’expressions utopiques : et les critiques alors ?

 

La perfection n’est pas de ce monde, et il n’y a pas d’événement parfait. Il faut être capable de garder un esprit critique pour pouvoir s’améliorer.

Il y a des efforts de communications à faire pour une prochaine fois :

 

« Le plan n’est pas facilement compréhensible. »

« L’année prochaine il faut mobiliser + en amont ! »

« Il y a un problème de communication, ça n’est pas assez visible. »

« Beaucoup de monde n’est même pas au courant de ce festival. »

A bon entendeur !

 

L’objectif d’organiser des événements dans différents lieux dans la ville n’était pas assez pratique :

 

« Attention, c’est trop étalé dans la ville… »

 

D’ailleurs le programme était peut-être trop dense :

 

« Il y a parfois des choses intéressantes en même temps, c’est dommage car c’est dur de choisir. »

 

Mais il fallait être ambitieux car plusieurs personnes nous ont des propos similaires à propos du manque d’activités à Mirecourt « Pour une fois qu’il y a quelque chose à Mirecourt ». Il faut donc en faire d’autres.

 

 

  • Sixième type d’expressions utopiques : et pour l’avenir ?

 

Grâce à tous ces compliments et mais aussi ces critiques, il est possible d’envisager l’avenir. Et pour plusieurs festivalier.ère.s, c’est clair :

 

« Quelle que soit la forme, le festival doit perdurer ! Vraiment ! Jean-Marc »

« Le festival Utopic & co 2018. Un beau moment de rencontre et de partage. Une belle initiative ! A refaire absolument. Merci à tous et à toutes ! »

« J’espère que vous allez le refaire l’année prochaine »

 

Au-delà d’un prochain festival, certains semblent vouloir s’impliquer davantage mais aussi dans le café UtopiC qui a joué un rôle important dans le festival et qui a besoin de monde toute l’année :

 

« J’aurais aimé participer plus en amont »

« Ça me donne envie de m’investir dans le café / dans la prochaine édition »

 

C’est pas de refus !

 

  • Septième type d’expressions utopiques : et pourquoi par des révolutions pendant qu’on y est !

 

Expressions utopiques

En ce qui concerne les projets, il y a eu le débat « 1 million de révolutions tranquilles » le dimanche 8 juillet 2018 de 14h à 16h où il a été question de potentiels projets. En effet, le débat permettait aux participants de construire en groupes une petite révolution pour améliorer le bien vivre sur le territoire. Il s’agissait de :

 

– se servir des outils du festival pour aller plus loin,

– se projeter en direct avec les moyens disponibles,

– permettre de faire le lien manquant entre des gens pleins de savoir-faire et d’envie.

 

On voit les festivalier.ère.s UtopiC en train de réfléchir sur les prochaines « révolutions » à venir sur la photo ci-dessous où « l’arbre de l’amour » est affiché au mur.

Expressions utopiques

3 projets sont sortis des ateliers :

  • a) La « roue citoyenne » pour une mobilité solidaire
  • b) Un « « écolieu » pour développer des connaissances environnementales, sensibiliser sur ces questions mais aussi agir
  • c) Le « Cit’Art », c’est-à-dire une cité de l’art pour embellir mais aussi faire réfléchir Mirecourt

 

Voici une présentation un peu plus développée des projets :

 

  1. La « roue citoyenne »

Expressions utopiques

 

  1. b) Un « écolieu »

Expressions utopiques

c) Le « Cit’Art »

Expressions utopiques

Bref, les mirecurtien.ne.s ne vont pas manquer de travail !

 

Dr Sebastien Poulain

 

 

Références :

BRENGUIER Agathe, « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours », crois-sens.org, 5 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/05/le-festival-utopic-co-2018-celebre-sur-le-bien-vivre-sur-le-territoire-de-mirecourt-dompaire-et-ses-alentours/

 

BRENGUIER Agathe et MOREL Camille, « Expérimentation innovante en matière de santé et nutrition à Mirecourt », bien-vivre-maintenant.fr, 19 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/mirecourt/experimentation-innovante/

 

DESFORGES Marc, « Qui est l’Entrepreneur du bien-vivre? », crois-sens.org, 30/05/2018, http://crois-sens.org/2018/05/30/qui-est-lentrepreneur-du-bien-vivre/ et http://crois-sens.org/wp-content/uploads/2018/05/Tribune-Entrepreneur-du-Bien-Vivre.pdf

 

DESFORGES Marc, « Et si vous deveniez Entrepreneur·euse du bien-vivre ? », linkedin.com,

9 décembre 2018, https://www.linkedin.com/pulse/et-si-vous-deveniez-entrepreneureuse-du-bien-vivre-marc-desforges/

 

MOREL Camille, « Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co », bien-vivre-maintenant.fr, 2 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/non-classe/reunions-publiques-utopic/

 

POULAIN Sebastien, « Inform’action pour un Festival UtopiC », crois-sens.org, 27 novembre 2018, http://crois-sens.org/2018/11/27/informaction-pour-un-festival-utopic/

 

Expressions utopiques : émotions, bilans et projets des festivalier.ère.s UtopiC

EPICERIE PARTICIPATIVE ET SOLIDAIRE. Quand ce que l’on appelle Utopie, prend vie… grâce à un élan citoyen

EPICERIE PARTICIPATIVE ET SOLIDAIRE. Quand ce que l’on appelle Utopie, prend vie… grâce à un élan citoyen

epicerie participative L Epi
Epicerie participative L’Epi

 

Introduction :

C’est dans le cadre de la formation d’entrepreneuse du bien-vivre dispensée par Crois-Sens, complétée par une formation en naturopathie au CFPPAF de Mirecourt, que j’ai eu envie de découvrir des initiatives autour du bien-vivre, permettant d’améliorer le bien manger et le lien social sur un territoire.

Je me suis penchée sur le sujet des épiceries participatives et solidaires et j’ai découvert après quelques recherches, le réseau MONEPI, qui depuis la création de la première épicerie participative à Chateaufort, en Janvier 2016, ne cesse de semer les graines du changement.

 

C’est parti pour aller passer 2 jours d’immersion au sein de l’Epi Castelfortain, accompagnée de Théophille Pouillot et Alain Pouillot, deux des fondateurs de la première épicerie participative et fondateurs de la plateforme MONEPI.

 

Naissance du projet :

 

Châteaufort, c’est un village de 1500 habitants dans les Yvelines, à 30 kilomètres au Sud de Paris.

Au cœur de ce village, en zone rurale, se trouvent 3 restaurants, une boulangerie, un coiffeur, mais aussi des écoles pour accueillir les enfants de la maternelle jusqu’au CM2. Une offre convenable sauf pour l’alimentation pour laquelle il faut se rendre dans le village voisin.

 

Alors un jour, un groupe de citoyens castelfortains, a décidé de prendre les choses en mains et de repenser l’économie, l’offre alimentaire du territoire et de favoriser le lien social dans le village. C’était il y a trois ans. Ils ont créé ensemble la première épicerie Monépi, pensée et gérée par les citoyens.

 

La mairie a soutenu le projet en mettant à disposition un local puis un terrain et en participant aux différents échanges. Quelques voisins et habitants du village ont donné leurs vieux meubles et sont venu prêter mains fortes pour repeindre, aménager ce local et faire en sorte que chacun s’y sente comme à la maison. Puis, différentes réunions avec les citoyens castelfortains ont été organisées afin de se mettre d’accord sur la liste des produits à proposer, le planning d’ouverture de l’épicerie, le mode de fonctionnement, etc. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice et a aidé à la construction de ce projet.

Puis, les producteurs locaux ont été contactés et certains ont accepté de jouer le jeu en proposant des prix au gros, défiant toute concurrence.

 

La première épicerie solidaire et participative Monépi avait vu le jour !

 

Aujourd’hui, trois ans après ce sont plus de 125 familles de Châteaufort qui adhèrent à l’épicerie et au potager et viennent s’investir chaque mois pour la distribution des produits de l’épicerie, la partie logistique, la comptabilité ou le jardinage.

 

Mais ce sont également une 30aine d’autres épiceries du réseau Monépi qui ont vu le jour ou qui sont en cours de création. Car forts de leur réussite, tant au niveau économique que sociale, les castelfortains ont réussi à semer leurs graines dans d’autres villes ou villages de France. Ils ont déployé leurs outils, de manière bénévole et apporté tous les conseils nécessaires à la réplication d’autres épi. L’outil informatique mis en place par Alain Pouillot au démarrage du projet est disponible pour chaque commune créant son épi, et la liste des fournisseurs et produits est mutualisée pour les épiceries du même secteur géographique.

Epicerie participative L'Epi
Epicerie participative L’Epi

L’épicerie MONEPI c’est quoi exactement ?

 

  • D’abord c’est un concept à but non lucratif:

– L’organisation est gérée sous forme d’association.

– La collectivité met à disposition le local de distribution ainsi qu’un terrain

– Les adhérents assurent la gestion de l’épicerie et du potager (participation à l’adhésion de 20€/mois servant aux frais de fonctionnement de l’épicerie et engagement bénévole de 2h/mois)

 

  • Pour une alimentation responsable :

– De proximité, provenant de circuit court du Parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse et du plateau de Saclay

– De qualité avec un choix d’aliments sans pesticide, BIO principalement

– Solidaire avec une organisation sous forme d’épicerie participative favorisant les liens intergénérationnels.

 

– Respectueuse de la planète en favorisant les produits sans emballage non recyclable, zéro déchet et zéro CO² du producteur à l’assiette.

 

  • Avec un fonctionnement simple et solidaire :

– Association participative et solidaire de groupement d’achat (Ouverte uniquement aux adhérents de l’association),

– Un choix de produit limité, 200 références maximum dans l’épicerie pour une alimentation responsable

– Le prix des produits de l’épicerie est égal au coût d’achat.

– Chaque adhérent est à la fois gérant, consommateur et responsable de l’épicerie. L’association gère les adhésions, les fournisseurs et la comptabilité.

 

Epicerie participative L'épi castelfortain
Epicerie participative L’épi castelfortain

 

Un projet modulable et adaptable à l’infini en fonction de chaque territoire :

Le projet n’est pas obligé de se limiter uniquement à l’épicerie et au potager :

 

Le projet peut grandir et se développer :

– À côté du potager, s’implanteraient un verger, un rucher voire un poulailler.

– À côté de l’épicerie, un espace conserverie-confiturerie pour transformer les produits excédentaires du potager et du verger.

– Un atelier de réparation d’objets du quotidien (repair’café),

– un atelier d’up’cycling (recyclage et restauration de petits meubles)

– Un espace lecture et culture.

– Un espace dédié aux jeux de société …

– Un parking de co-voiturage…

Les possibilités sont grandes.

 

Alors après une petite formation avec eux et un accompagnement tout au long de la mise en place du projet grâce au réseau MONEPI, ce qui paraissait impossible semble presque un jeux d’enfant.

Qui est prêt à se lancer ?

 

Pour plus d’informations :

Home

Epicerie participative L'Epi
Epicerie participative L’Epi

 

Références :

Monépi.fr, Mon Épi au service des petits producteurs : https://www.monepi.fr/

l’Epi Castelfortain : https://monepi.fr/castelfortain et https://www.facebook.com/lepicastelfortain/

EZVAN Cécile et MOREL Camille, « Évaluer la contribution des entreprises au bien vivre dans les territoires », crois-sens.org, 11 janvier 2019, http://crois-sens.org/2019/01/11/evaluer-entreprises-bien-vivre/

MOREL Camille et TOBIE Sandrine, « Indicateurs du bien-vivre au Forum international pour le bien-vivre de Grenoble », bien-vivre-maintenant.fr, 7 décembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/auvergne-rhone-alpes/indicateurs-du-bien-vivre/

 

Aurélie Legrand, entrepreneuse du bien-vivre à Mirecourt

Epicerie participative L'épi castelfortain

Doctorat : réflexion sur des notions de « temps » et de « bien-vivre »

Doctorat : réflexion sur des notions de « temps » et de « bien-vivre »

Doctorat
Doctorat et Bien-vivre

 

Le 18 avril 2018, Anne Vicente et Dr Sebastien Poulain ont organisé des ateliers dans les locaux de l’Université de Lorraine dans le but d’étayer la réflexion concernant la construction de CitéoSquares, des tiers-lieux habités, citoyens et coopératifs qui devraient voir le jour prochainement dans plusieurs métropoles de France[1].

Le présent compte-rendu résume les échanges concernant les ateliers traitant du « temps » et du « bien-vivre » des doctorant.e.s.

Parmi les participants, il y avait 4 doctorant.e.s issu.e.s de diverses disciplines (phytoremédiation, aménagement urbain, biogéochimie et biologie cellulaire).

L’animation de ces deux ateliers a été assurée par Anne Vicente, doctorante en dernière année de thèse en écotoxicologie.

 

Le premier atelier sur la gestion du temps des doctorant.e.s a été conduit en se posant les questions suivantes :

 

  • Quelles sont les conséquences du doctorat, positives ou négatives, sur la santé mentale et physique du doctorant ?
  • Comment se maintenir en forme lorsque l’on fait une thèse ?
  • Combien de temps faut-il consacrer à son bien-vivre ?
  • Comment concilier les activités physiques et intellectuelles ?
  • Que mettent en œuvre les universités pour le bien-vivre des doctorant.e.s ?
  • Quelles sont les ressources accessibles en cas de mal-être ?
  • Quelle(s) composante(s) du bien-vivre (alimentation, logement…) faut-il particulièrement améliorer ?
  • Quels sont les outils, méthodes, idées à mettre en place qui pourraient aider au bien vivre ?

 

 

Le second atelier de réflexion concernant l’amélioration du bien-vivre des doctorant.e.s s’est construit à partir des questions suivantes :

 

  • Qu’est-ce qui fait perdre du temps dans le travail de thèse ?
  • Qu’est-ce qui fait perdre du temps en dehors du travail de thèse ?
  • Quels sont les effets de l’autofinancement ?
  • Combien de temps passez-vous à travailler véritablement sur votre thèse dans une journée ?
  • Combien de temps par jour vous accordez-vous pour le divertissement ?
  • Combien de temps pensez-vous perdre par jour ?
  • Qu’est-ce qui pourrait aider concrètement à ne plus en perdre ?
  • Quels types de services pourraient aider ?

 

 

 

  1. La question du Bien-Vivre chez les doctorant.e.s

Lorsque l’on se penche sur les conséquences de la thèse sur le bien-vivre des doctorant.e.s, les points positifs majoritairement évoqués sont l’autonomie, la confiance en soi et l’expérience enrichissante. Malheureusement, les impacts sur la santé mentale et physique semblent également nombreux : fatigue intempestive, mémoire défaillante car trop sollicitée, stress et problèmes de santé.

La conduite d’un doctorat n’est pas forcément plus stressante qu’un autre travail, mais étant donné que cela demande généralement plus de temps, il est possible que le manque de sommeil puisse engendrer une gestion du stress moins performante et donc une augmentation de l’état d’anxiété de l’individu[2], conduisant potentiellement aux effets néfastes mentionnés précédemment.

Un aspect psychologique important qui semble toucher une bonne partie des doctorant.e.s a également été évoqué : le fameux syndrome de l’imposteur. Ce sentiment de ne pas être à la hauteur est souvent associé à celui de ne pas travailler suffisamment. Un mal-être permanant qui contribue à l’état de stress déjà bien présent pour certains. Le jugement des autres semble également pesant et fatiguant. Il n’est pas rare de s’auto-flageller en se comparant aux autres avec ce sentiment de culpabilité de ne pas en faire assez, parfois même de manière inconsciente.

La question de l’alimentation a ensuite été abordée. Les participants s’accordent pour dire qu’ils aimeraient « mieux » manger , chose bien souvent autant coûteuse en temps qu’en argent.

 

Typiquement, les doctorant.e.s ont parfois du mal à déconnecter, ils culpabilisent facilement si ils s’autorisent des activités autres que celles en rapport avec leurs recherches. Pourtant il semblerait important, voire nécessaire, de déconnecter du travail de thèse de temps à autre.

 

Que ce soit le SUAPS pour le sport ou la médecine universitaire, les services mis en place par l’université pour le bien-vivre des doctorant.e.s sont bien souvent débordés et surtout méconnus pour certains.

 

 

  1. La perte de temps dans le travail de thèse :

Précisions que nous parlons ici de la thèse et non du doctorat. La thèse fait référence au travail de recherche alors que le doctorat englobe quant à lui les activités de recherche ainsi que l’ensemble des activités annexes menées en parallèle (implications dans les conseils, instances, formations, actions de médiation des sciences, etc.).

 

La question de la perte de temps dans le travail de thèse a été traitée sous deux aspects.

Le premier évoqué par les participant.e.s est relatif à la perte de temps liée directement à la vie en laboratoire/entreprise. Il en ressort que les tâches administratives (commandes, rédaction d’ordre de mission, retour de mission, rédaction de projets, formulaires, etc.), les préparations de sorties sur le terrain, les réponses aux mails et le fait de s’occuper de stagiaires sous-encadrés par des collègues chercheurs ne disposant que peu de temps pour les former semblent être les principales activités qui empiètent sur le travail de thèse. Les doctorant.e.s ne sont cependant pas égaux face aux tâches à effectuer, avec une charge de travail différente en fonction de la structure d’accueil et des encadrant.e.s.

Deuxièmement, l’aspect de la perte de temps dans le travail de thèse relatif à la vie de tous les jours a révélé que le ménage, les courses, la cuisine, le payement des factures et plus généralement ce que l’on considère comme les tâches de la vie quotidienne sont, pour certains, source de perte de temps. Il est à noter que pour d’autres, faire le ménage ou la cuisine se révèle être un moyen de s’évader et de décompresser et n’est alors plus considéré comme une perte de temps. Le renvoi des achats effectués sur internet a également été mentionné comme une perte de temps potentielle.

 

La perte de temps sur le travail de thèse peut être alors être divisée en trois catégories :

– la perte de temps liée aux besoins vitaux

– la perte de temps liée aux tâches à effectuer

– la perte de temps liée au divertissement

 

Les personnes présentes s’accordent pour préciser que la notion de divertissement n’équivaut pas simplement à ne plus travailler sur sa thèse. Réaliser des tâches ménagères n’équivaut pas réellement à du divertissement même pour les personnes qui considèrent cela comme un exutoire. Le temps accordé au réel divertissement semble dépendre fortement de la période de la thèse dans laquelle la personne se trouve et semble également être personne dépendante.

 

Le manque de motivation a également été mentionné dans la perte de temps.

 

Globalement, les réponses sont fonction de la personne : le fonctionnement du laboratoire/de l’entreprise est complètement différent d’une structure à une autre. De plus, ce qui est vu comme une perte de temps par certains peut être considéré comme du loisir par d’autres. Le point majoritaire sur lequel les doctorant.e.s semblent s’accorder : le temps de transport est considéré unanimement comme une réelle perte de temps.

 

 

  1. Réflexion sur les services pouvant être mis en place dans des tiers-lieux suite à ces constatations :

 

Pourquoi ne pas imaginer la mise en place de plateformes collaboratives :

 

– De services (courses, laverie, cuisine, dépôt/retrait de lettres et colis dans un bureau de poste) au sein des résidences chercheurs. Un système avec « crédits de service » basé sur de l’entre-aide qui pourrait donner le droit à des avantages en nature pour ceux qui rendent des services aux autres membres de la communauté.

 

– Pour rassembler et créer une communauté relative aux résidences chercheurs/AlterHostel pour le sport et les activités. De la sorte, dès que l’on se rendrait dans l’un de ces lieux, les personnes auraient accès à des activités proposées dans cette ville par la communauté. Il suffit de mettre la logistique en place, la modération, qu’un premier groupe se forme et ensuite les utilisateurs deviennent aussi les organisateurs. Cela permettrait de créer une communauté nationale et ce serait l’assurance pour les utilisateurs de pouvoir intégrer facilement un groupe, si ils le souhaitent, lors de leurs séjours dans ces tiers-lieux.

 

– La santé passe parfois au second plan par manque de temps et/ou horaires incompatibles avec les prises de rdv classiques. Il pourrait être intéressant de mettre en place une permanence de professionnels de la santé certains soirs, voire certains week-ends.

 

– Le développement de plus de services du type AMAP : un panier de fruits & légumes de saison par semaine, œufs, produits frais. Ne pas avoir à choisir ses produits mais recevoir un panier de produits bios de saison.

 

– Les réseaux sociaux représentent également une source de perte de temps incalculable. La création de zones communes de déconnexion (des réseaux sociaux) pourrait inciter les personnes à se motiver et à se reconcentrer sur leur travail en limitant les distractions.

 

– Mais également, des zones de déconnexion (du travail) pour se ressourcer (salle de jeux/détente).

 

– Pour la majeure partie des personnes, la principale perte de temps semble être relative aux transports. La mise en place de lieux officiels desquels le télétravail serait autorisé, qui servirait également de lieu de co-working pour ceux qui n’ont pas d’endroit de rédaction, serait une option qui plairait à beaucoup.

 

 

Note : biais dans les réponses aux questions :

Il est à noter ici qu’aucun étudiant étranger n’était présent et que seul des doctorant.e.s en sciences « naturelles » composaient le groupe de réflexion pour traiter des ateliers sur le temps et sur le bien-vivre des doctorant.e.s. Bien que nous nous efforcions de parler DES Sciences sans distinction entre ce que nous appelons couramment « sciences exactes, naturelles » et « sciences humaines et sociales », des différences notables quant aux modes de fonctionnement des thèses existent bel et bien et jouent un rôle important sur le déroulement du doctorat. Pour replacer le contexte, il s’agit de préciser que les thèses en « sciences exactes et naturelles » sont obligatoirement financées, elles doivent durer 3 ans dans la mesure du possible, les doctorants sont tenus de se rendre dans leur laboratoire/entreprise pour réaliser leurs travaux de recherche et la structure d’accueil se doit en retour de leur fournir le nécessaire à la conduite de leurs travaux dans de bonnes conditions. Les doctorant.e.s sont alors des salarié.e.s sous CDD de 3 ans qui doivent rendre des comptes régulièrement à leur.s supérieur.e.s (directeur(s) de thèse/laboratoire/entreprise). En « sciences humaines et sociales», la majeure partie des thèses (plus de 70% d’après des chiffres de 2015[3]) sont non financées, les doctorant.e.s n’ont bien souvent pas de structure d’accueil définie et les thèses inférieures à 5 ans sont généralement considérées comme « faites à la hâte ». De ce fait, beaucoup de doctorant.e.s dans ces disciplines se doivent d’exercer un travail (parfois purement alimentaire) en parallèle de leur thèse et rédigent à leur domicile. 

 

 

Anne Vicente, doctorante, chargée de mission recherche chez Crois/Sens.

 

Avec la participation de Jérémie Bel, Anne Blanchart, Séverine Lopez et Laurie Targa

 

 

Références :

 

[1]  http://crois-sens.org/wp-content/uploads/2018/10/Plaquette_Cit%C3%A9oSquare.pdf

 

[2] Pires, Gabriel Natan, Andréia Gomes Bezerra, Sergio Tufik, et Monica Levy Andersen. « Effects of Experimental Sleep Deprivation on Anxiety-like Behavior in Animal Research: Systematic Review and Meta-Analysis ». Neuroscience & Biobehavioral Reviews 68 (septembre 2016): 575‑89. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2016.06.028.

 

[3] http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/reperes/telechar/shs/shs2016.pdf (consulté le 07/01/2019, page 9)

 

 

Lectures associées :

 

 

POULAIN Sebastien, « Bien-vivre doctoral : des ateliers sur la vie sociale et le logement des doctorant.e.s à Nancy », bien-vivre-maintenant.fr, 3 décembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/nancy/bien-vivre-doctoral/

 

POULAIN Sebastien, Doc’Door, la maison du doctorat devrait bientôt ouvrir ses portes, Cartes sur tables, 8/12/16, http://www.cartes-sur-table.fr/pour-une-maison-du-doctorat/ et http://cartes-sur-table.fr/wp-content/uploads/2016/12/CST_Pour-une-maison-du-doctorat.pdf

 

POULAIN Sebastien, « Le gouvernement français doit faire honneur aux étudiant.e.s, doctorant.e.s et docteur.e.s étranger.ère.s », Doctrix, 28/11/2018, http://blog.educpros.fr/doctrix/2018/11/28/inscriptions-doctorants-etrangers/

 

 

 

 

Crois/Sens lance la première plateforme citoyenne de promotion du Bien Vivre Maintenant

Alors que 53% des français.e.s ayant un salaire inférieur à 1 200 € reconnaissent ne pas avoir les moyens de consommer des fruits et légumes au quotidien (baromètre du Secours Populaire 2018), il est temps de proposer des outils  pour s’organiser collectivement, dans la convivialité, afin de rendre accessible à tous un Bien Vivre Maintenant. C’est le sens de la plateforme développée par Crois/Sens.

Faciliter la participation citoyenne aux défis du bien-vivre

La plateforme est conçue comme un outil facilitant sur les territoires l’organisation et la communication de défis citoyens collectifs autour des enjeux du bien-vivre, en tirant partie de la force du numérique.

Cet outil s’adresse à tous les citoyen.ne.s, curieux.se.s de se regrouper pour discuter des enjeux du bien-vivre qui les touchent et souhaitant s’organiser pour y trouver une réponse collective. D’ailleurs chacun.e est libre de définir sa définition du bien-vivre en fonction de son territoire et de sa sensibilité. Ainsi un défi peut revêtir autant la forme d’un groupement d’achats de bons produits frais et locaux qu’un système de co-voiturage ou encore la mise en place de bonnes pratiques nutritives pour améliorer son hygiène de vie. L’essence de notre démarche est de créer les conditions d’un accès à un Bien Vivre Maintenant à toutes et tous y compris les plus modestes. Notre démarche non marchande est proposée et suivie par un collectif de chercheur.e.s qui évalue d’une part l’impact des défis sur la santé et la qualité du lien social et d’autre part la méthodologie d’accompagnement des projets.

Comment cela marche concrètement?

La plateforme constitue le relais numérique d’une mobilisation physique sur les territoires accompagnée par notre entrepreneur.e du bien-vivre. Ce.tte professionnel.le fait le lien entre les besoins individuels et la recherche de solutions collectives. Elle.il met en oeuvre une méthodologie fruit de nombreuses expériences sur différents territoires afin d’aider les citoyen.ne.s à se regrouper, à débattre puis à s’organiser pour déployer une solution collective. Cet accompagnement consiste également à identifier des partenaires locaux de diverses formes (associations, institutions, entreprises) et à la recherche d’un financement adapté à la taille du projet.  Bien Vivre Maintenant permet de créer un défi, de s’y inscrire , d’échanger et organiser des réunions. La clé d’entrée est le territoire à un double niveau local et régional, cette approche permet aux citoyen.ne.s curieux de s’intéresser aux initiatives qui se déroulent à proximité et bien sûr d’y participer. Ainsi un blog territorial et un autre national diffusent régulièrement et synthétiquement des actualités du Bien Vivre Maintenant. Le coup de projecteur concerne aussi bien des défis inspirants, des réflexions sur la méthodologie d’animation des défis, ou encore des conseils  pour promouvoir une meilleure hygiène de vie. Enfin nous avons fait le choix de nous appuyer sur le 1er réseau social afin d’élargir notre audience, chaque territoire est ainsi associé à une page Facebook que nous administrons. Cela permet d’une part d’accéder à une communauté de près de 40 millions d’utilisateurs actifs en France et de s’appuyer sur ses outils  qui font font sa force, vidéos et autres média pour améliorer notre communication autour des défis. Evidemment nos pages sont publiques c’est à dire qu’elles permettent à chacun.ne de prendre connaissance de nos actualités sans obligation de s’inscrire au réseau.

L’exemple du défi 7 jours pour expérimenter un Bien Vivre Maintenant

Le défi est né de l’engouement de plusieurs professionel.le.s de santé pour la thématique du bien-vivre  qui a été célébrée lors d’un événement participatif à Mirecourt (dans les Vosges) en juillet 2018, le Festival Utopic & Co (voir le défi dédié sur la plateforme).

Le but de ce défi est avant tout de créer une émulation autour de la thématique du bien-vivre et de prendre conscience de l’influence de nos choix en matière de d’alimentation, d’activité physique et de rythme de vie sur notre bien-être et nos relations avec les autres au quotidien. Il se compose de 14 conseils à suivre sur une semaine et offre aussi la possibilité aux participant.e.s d’obtenir gratuitement  un bilan bio nutritionnel et des conseils personnalisés  en matière d’hygiène de vie. Dans un second temps, les problématiques de santé repérées grâce au bilan bio nutritionnel de tous les participant.e.s permettront de dégager certains axes sur lesquels agir en priorité pour une meilleure santé à l’échelle du territoire.

En relevant ce défi chaque participant.e amorce une démarche de santé personnelle et participe à une expérience collective qui se veut bénéfique pour le territoire. 

Il vous appartient évidemment de définir votre vision du Bien Vivre Maintenant, Crois/Sens s’engage à travers la plateforme et l’Entrepreneur du Bien Vivre à accompagner cette énergie citoyenne vers des solutions accessibles dans ses territoires partenaires (Mirecourt, Lille, Lyon..) en attendant les prochains (Nanterre, Strasbourg, Dijon, Bordeaux et les villes moyennes..).

Crois/Sens est une Jeune Entreprise Innovante agrée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation qui oeuvre au développement économique et social du territoire.

Benjamin Desforges

Indicateurs du bien-vivre au Forum international pour le bien-vivre de Grenoble

Atelier organisé par la Fabrique Spinoza sur la loi PACTE ; Crédits photos : Alain Fisher, Ville de Grenoble

 

Le Forum du 6, 7 et 8 juin à Grenoble a rassemblé de nombreux acteurs autour d’une question : Qu’est-ce que le « bien-vivre » ? A quoi l’associe-t-on : à une bonne alimentation, une bonne forme physique, un travail qui a du sens, une vie sociale et culturelle riche, un certain sentiment de sécurité? Qu’est ce qui compte pour nous? Et qui est-ce qui compte pour nous?

Le sous-titre du forum étant : « Richesse, bonheur : quels indicateurs pour inventer demain ? », la thématique nous intéressait particulièrement. Nous en avons profité pour mettre à l’épreuve une version 1 de nos indicateurs lors d’un atelier participatif et découvrir les indicateurs et les méthodes employées par d’autres chercheurs et acteurs de terrain. Cette première édition fut une belle occasion pour nous de découvrir les réflexions et actions qui étaient menées de par le monde à ce sujet .

Ce sont donc 3 jours très riches qui ont débuté par un rappel des objectifs généraux de ce forum :

– Créer des réseaux d’acteurs de la société civile, à 2 niveaux d’échelle : local et global

– Construire un imaginaire collectif et définir des indicateurs qui mesureront et orienteront nos avancées

– Offrir à chacun la liberté de contribuer

En effet, le forum était ouvert à tous et a rassemblé une grande diversité d’intervenants, nationaux et internationaux, du secteur privé, public et associatif. Associés à un colloque scientifique, de nombreux ateliers prenant des formes très variées ; table ronde, world café, conférence-débat, marche d’accroche, et bien d’autres ont permis le partage d’expérience. Tous centrés autour d’une réflexion générale : la question des indicateurs et de la mesure du bien-vivre. Car les chiffres, loin d’être neutres, façonnent nos représentations et orientent nos décisions. Les organisateurs de ce forum l’avaient bien compris et proposaient un focus sur les indicateurs du bien-vivre. Des indicateurs qui permettent à la fois de connaître la situation actuelle selon des critères choisis mais aussi de se projeter vers celle vers laquelle nous souhaitons tendre, amorçant ainsi le passage de l’idée à l’action.

Nous avons écouté Florence Jany-Catrice, économiste à l’université de Lille, parler d’ « éthique du chiffre » et suggérer qu’il est possible de compter autrement, en allant chercher tout le monde pour co-construire des indicateurs qui ont du sens. Il faut pour cela faire preuve de souplesse et laisser place à l’expérimentation, ouvrir l’imaginaire et arrêter l’injonction à la comparabilité (les indicateurs peuvent être différents d’un territoire à l’autre et cela semble logique). La méthode SPIRAL employée par plusieurs chercheurs nous a également beaucoup inspirés pour faire évoluer nos propres indicateurs dont 2 sur 7 seront construits de façon participative, à partir des problématiques émergentes dans chaque territoire.

Enfin, de nombreux acteurs ont insisté sur l’intérêt de poser des limites à notre volonté de tout mesurer pour ne pas se perdre dans les chiffres et laisser place à l’action !
C’est ce qui s’est passé à Toulouse, à Grenoble, en Allemagne, au Québec, au Bhoutan, ou encore en Equateur et en Bolivie où des projets sont nés autour du bien-vivre, prenant parfois une telle ampleur que ces deux derniers pays finiront par inscrire le « Buen vivir » dans leur constitution. Pablo Solon, homme politique bolivien et activiste dans le domaine social et de la nature était là pour nous en parler. Reconnaissant les aspects positifs de cette avancée, il s’est surtout attardé sur les risques liés à l’institutionnalisation d’une notion aussi large et plurielle que le « Buen vivir » qui selon lui a perdu de son sens lorsqu’elle a été reprise par le gouvernement. Ce concept d’une « vie harmonieuse », de « savoir vivre » ou encore, de « vivre en plénitude » a subi une traduction réductrice et s’apparente désormais au développement. Son retour d’expérience nous rappelle que le bien-vivre se construit sur le long terme et ensemble. Il ne peut y avoir de « responsable » du bien-vivre, chacun de nous doit l’être à sa manière, mais encore faut-il être en capacité d’y participer.

C’était l’objet de notre atelier, basé sur les recherches de Cécile Ezvan, docteure en philosophie économique, avec laquelle nous travaillons sur la création d’indicateurs pour évaluer nos projets de bien-vivre. A partir de l’approche des capacités d’Amartya Sen, qui les décrit comme « ce qu’une personne peut choisir d’être et de faire » (Sen, 1988), elle se demande comment « mieux protéger les capacités des plus vulnérables et des périphéries ». En effet, de nombreux travaux de recherche montrent que de trop fortes inégalités contribuent à détruire les liens sociaux et l’environnement… Ces questions renvoient aussi à la notion de pouvoir d’agir car le fait de co-construire joue non seulement un rôle d’empowerment mais sert aussi de « garde-fou » aux dérives possibles. L’atelier visait à faire réagir les participants à nos indicateurs de bien-vivre à partir des expériences de terrain qu’ils avaient pu rencontrer. Les échanges avec les participants ont été fructueux et nous ont aidé à faire évoluer nos indicateurs vers des méthodes plus participatives.

 

Nous remercions Grenoble‑Alpes Métropole, la Ville de Grenoble, la communauté universitaire Grenoble‑Alpes, l’association CCFD‑Terre Solidaire et le réseau FAIR pour l’organisation de cet événement et espérons que cette belle dynamique se poursuivra.

 

Camille Morel et Sandrine Tobie

 

Références :

Forum international pour le bien-vivre de Grenoble de 2018, https://bienvivre2018.org/

Synthèse des travaux lors du Forum international pour le bien-vivre de Grenoble de 2018, https://bienvivre2018.org/wp-content/uploads/2018/11/Restitution-BV2018_web.pdf

POULAIN Sebastien, « Capabilités de Amartya Sen : une source d’inspiration majeure pour Crois-sens », crois-sens.org, 7 novembre 2018, http://crois-sens.org/2018/11/07/capabilites-amartya-sen/

BRENGUIER Agathe et MOREL Camille, « Expérimentation innovante en matière de santé et nutrition à Mirecourt », bien-vivre-maintenant.fr, 19 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/mirecourt/experimentation-innovante/

BRENGUIER Agathe, « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours », crois-sens.org, 5 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/05/le-festival-utopic-co-2018-celebre-sur-le-bien-vivre-sur-le-territoire-de-mirecourt-dompaire-et-ses-alentours/

Bien-vivre doctoral : des ateliers sur la vie sociale et le logement des doctorant.e.s à Nancy

Bien-vivre doctoral

Le 18 avril 2018 en début de soirée, à Nancy au sein de l’Université de Lorraine, Anne Vicente et Dr Sebastien Poulain ont organisé des ateliers de brainstorming sur le « bien-vivre doctoral ». Les ateliers, dont il est question dans le présent compte-rendu, concernent la vie sociale et le logement des doctorant.e.s.

Parmi les participants, il y avait deux doctorants en droit, une doctorante en sciences agronomiques et un doctorant en géosciences.

 

Le premier atelier sur le bien-vivre doctoral était intitulé « C’est pas moi, c’est les autres ! Comment améliorer la vie sociale des doctorant.e.s ? ». Les questions posées étaient :

  • Quels sont les effets du passage de la vie étudiante en master à la vie doctorale en ce qui concerne la vie sociale ?
  • La thèse empêche-t-elle de conserver ou de développer une vie sociale ?
  • Dans quel type de situation les doctorant.e.s peuvent éventuellement se sentir isolé.e.s ?
  • Peut-on faire une distinction entre les doctorant.e.s en lettres, langues, art, philosophie, sciences humaines et sociales et les doctorant.e.s d’autres disciplines ?
  • Quelle est l’utilité de se socialiser lorsqu’on fait une thèse ?
  • Quelles sont les possibilités de se socialiser lorsqu’on est doctorant.e ?
  • Quelles actions faudrait-il mettre en place pour créer davantage de vie sociale?

 

Le 2ème atelier sur le bien-vivre doctoral était intitulé « Mi casa es tu casa ! Comment améliorer le logement des doctorant.e.s ? Comment améliorer le logement des doctorant.e.s ? ». Les questions posées étaient :

 

  • Quelles sont limites des logements habituels (étudiants, colocation…) ?
  • Veut-on un logement plus confortable lorsqu’on est doctorant-e ?
  • De quoi a-t-on besoin pour se sentir bien ?
  • Qu’est ce qui permet de bonne condition de vie dans un logement ?
  • Qu’est ce qui permet de bonne condition de travail dans un logement ?
  • Quels services manquent-ils dans les logements habituels ?
  • Quel budget peut-on mettre dans un logement lorsqu’on est doctorant.e ?
  • Qu’est-ce qui peut pousser à payer un logement plus cher ?
  • Qu’est-ce qui peut pousser à payer un logement moins cher ?
  • Qu’est-ce que l’on peut mettre en commun tout en gardant une vie intime/privée ?

 

 

Ce qui ressort de l’atelier sur le bien-vivre doctoral :

 

Deux besoins – la communication et la socialisation – ressortent particulièrement des ateliers pour le bien-vivre doctoral :

 

– Les deux ateliers font ressortir un vrai besoin de communication des doctorant.e.s. Les doctorant.e.s ne se connaissent pas, ne se parlent pas, et donc ne se rencontrent pas. Les universités et universitaires font en sorte que des doctorant.e.s ne puissent pas se regrouper pour autre chose que de la recherche. Les laboratoires ne diffusent que des informations sur la recherche. Les écoles doctorales ne donnent pas les listes des mails des doctorant.e.s en leur sein. Seules les associations de doctorant.e.s s’occupent de ce qui est hors recherche. Mais elles peinent à mobiliser. Les doctorant.e.s sont peu informés sur ce qui se passe autour d’eux : abandons de thèse, suicide… Il y a beaucoup de cloisonnements, rétention d’information, silos et peu de relais. Il faut passer par des secrétariats pour diffuser des informations.

 

– Les deux ateliers font ressortir un vrai besoin de socialisation des doctorant.e.s entre eux-elles mais aussi avec les étudiant.e.s en master 2 avec qui il n’y a pas de collaboration et de projet commun. Les doctorant.e.s n’ont pas de stratégie de réseau à long terme, comme dans les grandes écoles. Ils développent peu de réseau en dehors de la recherche (sauf un doctorant en droit qui fait de la politique et du journalisme) et privilégient les rencontres et collaborations avec chercheurs et chercheuses aux non académiques (tout en ayant peu de relations avec les chercheurs et chercheuses en poste, du moins chez les doctorant.e.s en sciences « humaines »). A Metz, il y a 3 sites/campus. A Nancy, il y en a 4. Cela ne facilite pas la socialisation et donc le bien-vivre doctoral. Certain-e-s doctorant.e.s, comme les gestionnaires, n’ont pas de bureau. Il y a une tension entre la volonté de se socialiser, qui peut prendre du temps (à l’image des Doctoriales : une semaine à travailler ensemble en huit clos), et la volonté d’avancer sur leur thèse ou d’avoir des activités qui représentent des « plus-values scientifiques » (article, visibilité) en sachant que beaucoup de directrices et directeurs de thèse considèrent les activités hors recherche comme de la « perte de temps » puisqu’ils ne sont pas reconnus pour se faire recruter comme chercheur (CNU).

 

Au niveau du mode de vie doctoral, il faut faire la distinction entre les doctorant.e.s en sciences dites « humaines » et les doctorant.e.s en sciences dites « dures » :

 

– Les doctorant.e.s en sciences dites « humaines » peuvent avoir beaucoup de disponibilités (hormis quelques heures de cours et quelques responsabilités administratives pour ceux qui ont un contrat de recherche ; ceux qui s’autofinancent n’étaient pas présent à l’atelier) mais ils doivent quand même garder contact avec leurs collègues de l’université en journée s’ils veulent continuer à travailler dans la recherche et l’enseignement par la suite.

– Les doctorant.e.s en sciences dites « dures » restent toute la journée dans leur laboratoire où ils sont plutôt bien socialisés (mais avec des personnels variés avec différents âges, différentes fonctions…). C’est compliqué pour eux d’en sortir sauf en cas de formation, de colloque, de stage (comme Anne Vicente à Crois/Sens). Il en est autrement à partir de 19h ou 20h où ils sont beaucoup plus ouverts à des rencontres, des événements, des actions jusqu’à 23h voire minuit (C’est l’heure où nous nous sommes quitté place Stanislas après notre atelier) et sans doute le week-end car ils sont stabilisés géographiquement pendant la thèse (sauf les doctorant.e.s très internationaux qui voyagent en permanence) et ne reviennent pas chez leurs parents comme lorsqu’ils étaient plus jeunes. Il s’agit pour eux de rencontrer d’autres personnes dans des objectifs amicaux, amoureux ou professionnels.

 

Pour intéresser les doctorant.e.s à un logement spécialisé pour bien-vivre doctoral, il y a des critères importants à prendre en compte :

 

– L’âge :

Il y a une tension entre une mentalité d’étudiants/jeunes et une mentalité de jeune adulte/jeune adulte/doctorant.e/docteur.e. Les doctorant.e.s en sciences « humaines » sont plus âgés que les doctorant.e.s en sciences « dures » car ils commencent plus tard et finissent plus tard leurs thèses. On peut distinguer, par exemple, entre les 23-24 ans et les 28-30 ans, voire beaucoup plus. Plus les doctorants sont âgés, plus ils prennent de l’autonomie par rapport aux étudiants car ils deviennent leurs encadrants et ont un autre mode vie. Ils ont un mode vie plus sérieux (selon un doctorant en droit). Le mode vie « maison de chercheur » fait peur car les doctorant.e.s pensent automatiquement à « Maison d’étudiant » (un doctorant en droit a peur d’« une cité de doctorants »). Il y a une tension entre besoin de socialisation à l’intérieur (pour rester proche du laboratoire, de l’école doctorale, de l’université) et à l’extérieur (pour trouver un emploi ailleurs par exemple) du monde de la recherche. Il y a aussi une tension entre besoin de socialisation (particulièrement important pour les plus jeunes) et besoin d’autonomie et de bien-être (particulièrement important pour les plus âgés).

 

– La vie privée intime :

Le fait d’être en couple a pour effet de prendre de l’autonomie par rapport à l’université et la recherche (selon la doctorante en sciences agronomiques et un doctorant en droit). Elle pousse aussi à chercher un logement avec davantage d’espace (70m2 selon un doctorant en droit). Les célibataires veulent aussi avoir la possibilité d’inviter leurs amis. Mais à voir si ça peut être dans les parties communes (selon le doctorant en géosciences).

 

– La langue :

Les étrangers (Asie, Amérique du Sud…) sont dans des situations compliquées à cause de la langue et des difficultés administratives et économiques. La recherche leur permet de se débrouiller sans parler le français dans certaines disciplines où la maitrise de l’anglais suffit, mais c’est un problème pour se socialiser. Ils se retrouvent vite à l’écart s‘ils n’apprennent pas vite la langue française.

 

– Le revenu :

Les sources de revenu sont très variables (de 600 à 3000 euros) et risquent de baisser avec le projet d’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.ère.s extra-européen.nes. Ce sont notamment les doctorant.e.s maghrébins et subsahariens qui ont le moins de revenu et qui doivent parfois trouver un emploi en plus du contrat ou de la bourse de recherche de leur gouvernement. Ce sont eux qui doivent aller dans les résidences universitaires. Ils n’ont pas de problème de langue, mais un problème de socialisation socio-économique. 60% des doctorants en droit sont étrangers selon un doctorant en droit. Les doctorant.e.s ne savent comment se situer par rapport à la CAF (Caisse d’allocations familiales) : étudiant ou chercheur ce qui a des conséquences économiques. Les doctorant.e.s semblent peu dépensiers. Un doctorant en droit a proposé que le contrat doctoral de recherche prenne en compte le loyer (comme chez les postiers, enseignants…).

 

Deux types de population sont susceptibles de s’intéresser à ce type de logement :

 

– Les doctorant.e.s et docteur.e.s étrangers qui ont des niveaux de revenu faibles.

– Les doctorant.e.s et docteur.e.s qui veulent changer de vie : mieux vivre, collaboratif, collectif, bio.

 

Un logement pour le bien-vivre doctoral doit avoir certaines caractéristiques :

 

– Taille importante si couple, moins pour les célibataires

– Un lieu globalement calme. Il ne faut pas des fêtes étudiantes dans la salle à côté !

– Un bureau : il arrive régulièrement que les doctorant.e.s travaillent assez tard dans la nuit !

– Accès à internet : inimaginable de ne pas l’avoir compte-tenu de l’économie de la connaissance.

– Mise en commun possible entre les résidents : laverie, sanitaire, voire cuisine

 

Un tiers lieux pour le bien-vivre doctoral peut intéresser beaucoup de chercheurs.euses mais à certaines conditions :

 

– A partir de 19h pour les doctorant.e.s en sciences dites « dures ».

– Toute la journée et en soirée pour les doctorant.e.s en sciences dites « humaines ».

– Il faut que le lieu soit accessible en transport en commun. Lors de l’atelier, 4 voitures ont été utilisées pour 10 personnes présentes.

– Certains doctorants pensent qu’une bibliothèque pour les doctorant.e.s en sciences « humaines », mais c’est la connectique et le numérique qui sont avant tout nécessaires.

– Le lieu doit être un lieu de travail avant tout, donc il doit être assez calme.

– Le lieu doit avoir plusieurs fonctions et utilités : rencontre, médiation, événements…

 

Nous avons fait des ateliers sur d’autres sujets. Nous en rendrons compte bientôt.

 

Références :

BRENGUIER Agathe et MOREL Camille, « Expérimentation innovante en matière de santé et nutrition à Mirecourt », bien-vivre-maintenant.fr, 19 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/mirecourt/experimentation-innovante/

 

DELEANT Laura, VICENTE Anne, ALLARD-HUVER François, « Pint of Science : quelques gorgées de science pour tous », theconversation.com, 10 octobre 2018, https://theconversation.com/pint-of-science-quelques-gorgees-de-science-pour-tous-103260

 

MOREL Camille, « Manger bio réduit les risques de cancer ! » bien-vivre-maintenant.fr, 23 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/non-classe/manger-bio-cancer/

 

POULAIN Sebastien, « Apéro-dinatoire brainstorming doctoral à l’Université de Lorraine ! », docdoorblog.wordpress.com, 16 avril 2018, https://docdoorblog.wordpress.com/2018/04/16/apero-dinatoire-brainstorming-doctoral-a-luniversite-de-lorraine/

 

POULAIN Sebastien, Doc’Door, la maison du doctorat devrait bientôt ouvrir ses portes, Cartes sur tables, 8/12/16, http://www.cartes-sur-table.fr/pour-une-maison-du-doctorat/ et http://cartes-sur-table.fr/wp-content/uploads/2016/12/CST_Pour-une-maison-du-doctorat.pdf

 

POULAIN Sebastien, Doc’Door à Paris ! Document de travail pour une collaboration entre la Ville de Paris et Doc’Door, la maison du doctorat, Ville de Paris, Service de la Création, de l’Innovation, de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, 16/02/2017, https://fr.slideshare.net/SebastienPoulain/docdoor-paris

 

POULAIN Sebastien, « Le gouvernement français doit faire honneur aux étudiant.e.s, doctorant.e.s et docteur.e.s étranger.ère.s », Doctrix, 28/11/2018, http://blog.educpros.fr/doctrix/2018/11/28/inscriptions-doctorants-etrangers/

 

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche Crois/Sens

Manger bio réduit les risques de cancer !

Manger bio !

Dans un précédent message, nous faisions déjà référence aux résultats de cette étude. D’après Le Monde, cette étude « indique que les plus gros consommateurs d’alimentation issue de l’agriculture biologique ont un risque de cancer réduit de 25 %, par rapport à ceux qui en consomment le moins. « Pour expliquer ces résultats, l’hypothèse de la présence de résidus de pesticides synthétiques bien plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus de l’agriculture conventionnelle comparés aux aliments bio est la plus probable », indique Emmanuelle Kesse-Guyot, chercheuse (Institut national de la recherche agronomique, INRA) dans l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Inserm, INRA, université Paris-XIII) et coauteure de ces travaux ».

Ayant moi-même fait partie de la cohorte des « nutrinautes » depuis 2009, je peux témoigner du protocole d’enquête : des questionnaires administrés plusieurs fois par an sur l’alimentation, l’activité physique, les évènements de santé et les maladies, mais aussi le stress, le sommeil, les addictions (alcool, tabac), les habitudes de vie (travail, sédentarité, …). Trois jours par an, chaque nutrinaute doit rapporter sa consommation quotidienne de nourriture et de boisson de manière très détaillée : quantité, recette, origine (fait maison, bio, restauration collective…). Des questions sur les antécédents et les maladies dont souffrent les parents et frères et sœurs sont également posées.

La plateforme, qui s’est améliorée d’années en années, est à présent très graphique, ergonomique et pédagogique ce qui rend la réponse aux questionnaires presque ludique. Tout le monde peut contribuer à approfondir cette étude en devenant nutrinaute sans nécessiter aucun pré-requis : https://www.etude-nutrinet-sante.fr/. Le protocole d’enquête est donc entièrement basée sur un recueil participatif de données auprès de citoyens volontaires et traités ensuite par des spécialistes en santé, qui font ensemble avancer la science !

 

Camille Morel

 

Références :

 

« L’alimentation bio réduit significativement les risques de cancer », https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/10/22/l-alimentation-bio-reduit-significativement-les-risques-de-cancer_5372971_3244.html?utm_campaign=Lehuit&utm_medium=Social&utm_source=Twitter?utm_campaign=Lehuit&utm_medium=Social&utm_source=Twitter?utm_campaign=Lehuit&utm_medium=Social&utm_source=Twitter&utm_campaign=Lehuit&utm_medium=Social&utm_source=Twitter

 

« Manger bio réduit vraiment de 25% le risque d’avoir un cancer », https://www.laprovence.com/article/politique/5210774/manger-bio-reduit-vraiment-de-25-le-risque-davoir-un-cancer.html

 

https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6460517561699311616

 

BRENGUIER Agathe et MOREL Camille, « Expérimentation innovante en matière de santé et nutrition à Mirecourt », bien-vivre-maintenant.fr, 19 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/mirecourt/experimentation-innovante/

 

MOREL Camille, « Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co », bien-vivre-maintenant.fr, 2 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/non-classe/reunions-publiques-utopic/

 

Soutenance de Thèse de Pauline Bendjebbar le 9 novembre à 14h. Elle s’intitule « Vers un modèle bio africain ? Trajectoires comparées d’institutionnalisation de l’agriculture biologique au Bénin et en Ouganda. » menée sous la direction d’Ève Fouilleux : Université Paris-Est Marne-la-Vallée, Cité Descartes, bâtiment Albert Camus, 2 allée Jean Renoir, 93 160 Noisy-Le-Grand dans la salle de réunion 109 (1er étage). http://umr-lisis.fr/actualites/evenement/soutenance-these-pauline-bendjebbar-institutionnalisation-de-lagriculture-biologique-en-afrique/

Soutenance de Thèse de thèse de géographie, intitulée : « Les révolutions silencieuses des oasis du sud tunisien. Crise des modèles et réponses locales » menée sous la direction d’Alia Gana : mercredi 14 novembre à 10 h, à PARIS, 5ème, au Centre Panthéon, 12 place du Panthéon, salle 6. http://www.ladyss.com/soutenance-de-these-de-irene

Expérimentation innovante en matière de santé et nutrition à Mirecourt

Institut du Beau Joly : Expérimentation innovante à Mirecourt
Institut du Beau Joly

Expérimentation innovante à Mirecourt

 

Contexte de l’expérimentation innovante

 

Le territoire de Mirecourt, petite ville de 5 000 habitants située dans la plaine des Vosges, est le territoire pilote d’expériences inédites en matière de mobilisation citoyenne, notamment autour des thématiques agriculture – alimentation – santé.

 

Parmi ces initiatives, une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) a été créée en 2017 suite aux débats qui avaient eu lieu l’année précédente au café UtopiC’ de Mirecourt, un café associatif et participatif. Ce café et les différentes activités qui y sont organisés par les bénévoles ont en effet permis la rencontre entre acteurs et la mise en valeur de leurs projets à destination du territoire. La SCIC a donc été co-imaginée dans le but de construire une gouvernance nouvelle pour ces projets en leur donnant un cadre d’action globale dans lequel pourrait s’intégrer des financeurs publics et privés. L’objectif poursuivi est d’apporter du bien-vivre rapidement et concrètement à tous les habitants du territoire. Aujourd’hui, elle compte parmi ses actionnaires la Mairie de Mirecourt, les associations Le Café Utopic’, La Vie Ensemble et La Bouée, la SAS Crois/Sens et M. Gilles Caretti, Directeur de l’Institut Médical du Beau Joly.

 

Cette dynamique collective a été inspirée par l’expérimentation menée dès 2009 par M. Gilles CARETTI, Directeur de l’Institut du Beau Joly, institut médico-social qui regroupe trois structures accueillant environ 70 enfants par an ayant des troubles du comportement avec et sans déficience, ainsi que des enfants autistes.

 

 

L’expérimentation à l’Institut du Beau-Joly

 

L’Institut du Beau Joly a mis en place depuis 2009 une méthode globale d’amélioration de la santé, des liens sociaux et des capacités d’attention basée sur la nutrition, et plus largement sur les préceptes de la naturopathie. Il est reconnu établissement pilote en matière de nutrition par l’ARS Grand Est depuis 2013​.

 

Pour mener à bien cette expérimentation innovante, plusieurs membres du personnel ont été formés à la micronutrition, et des partenariats avec des producteurs locaux ont été établis afin de produire 180 repas à haute valeur nutritionnelle via la cuisine collective.

 

Il a été décidé, grâce à un accord avec le laboratoire Nutergia, d’utiliser les bilans Iomet, qui prennent la forme d’un questionnaire de 81 champs afin de préciser les terrains nutritionnels des enfants. Ainsi, 100% des enfants bilantés ont montré des signes d’une carence en AGPI (acides gras), et 75% de troubles basocolitiques. Il a par conséquent été décidé de corriger les terrains B et C en premier lieu, sur place via la cantine de l’Institut, et dans leurs familles grâce à de la sensibilisation.

 

Chaque enfant est bilanté en moyenne tous les six mois, ce qui représente une base de données de plus de 1 600 bilans réalisés depuis 2009.

 

 

Les améliorations constatées depuis 2009

 

Des améliorations de la santé des enfants pris en charge ont été mises en évidence depuis 2009, avec :

  • Des bilans IoMET en amélioration constante (index améliorés, retour à la norme sur les différents champs) ;
  • Une réorientation des enfants de l’ITEP (Institut thérapeutique éducatif et pédagogique) vers un cursus scolaire traditionnel au bout de 3 ans, contre 4 ans en moyenne dans les établissements similaires ;
  • Des progrès en capacité d’attention et de concentration, qui ont permis une prise en charge et un accompagnement optimisé par les équipes médico-sociales.

 

Une première estimation des économies réalisées par la Sécurité Sociale grâce à ce dispositif a également été réalisée, à l’échelle de l’ITEP. Il s’agirait d’une économie de 1 500 000 euros par cohorte de 30 enfants tous les trois ans, grâce à la diminution de la durée moyenne de séjour à l’Institut du Beau-Joly de 4 à 3 ans (coût de fonctionnement de l’Institut du Beau Joly par enfant et par jour : environ 250 euros ; nombre de jours de présence par an : 198).

 

 

Les suites de l’expérimentation innovante

 

Suite à ces premiers résultats concluants à l’Institut du Beau-Joly, le dispositif expérimental s’est étendu au lycée agricole de Mirecourt. Plus de 200 élèves ont déjà réalisé un bilan IoMet, et un travail est effectué en lien avec les cuisiniers pour les former à la micro-nutrition.

 

La SCIC Citéomix Mirecourt souhaite diffuser plus largement la sensibilisation aux bonnes pratiques alimentaires et sportives. Pour mener à bien son ambition, elle a créé en partenariat avec Crois/sens le métier d’« Entrepreneur du Bien-Vivre », qui s’appuie sur une double formation en animation du territoire et en naturopathie (formation certifiante en naturopathie au CFPPAF des Vosges qui sera ouverte dès la rentrée 2018). Ces nouvelles ressources seront spécialisées dans l’accompagnement des citoyens dans l’évolution de leurs modes de vie et de leurs habitudes alimentaires, sportives, etc. Elles ont notamment participé à l’organisation d’un festival citoyen autour des thématiques du bien-vivre du 4 au 8 juillet 2018, qui a permis de sensibiliser les habitants sur le territoire.

 

L’objectif est à présent d’approfondir l’analyse des résultats de l’expérimentation innovante, grâce à des partenariats avec des acteurs scientifiques et des laboratoires, afin de modéliser un modèle qui pourra être déployé sur d’autres territoires.

 

Agathe Brenguier et Camille Morel

 

Référence :

MOREL Camille, « Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co », bien-vivre-maintenant.fr, 2 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/non-classe/reunions-publiques-utopic/

Site internet de Institut du Beau Joly : http://www.institut-beaujoly.fr/

Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co

Des réunions publiques !

Pour préparer l’organisation du festival qui se voulait participatif et citoyen, les Entrepreneuses du Bien Vivre ont organisé plusieurs réunions publiques pour informer, faire adhérer et faire contribuer les Mirecurtiens au projet. Leur rôle s’est avéré central dans l’organisation et l’animation de ces réunions publiques.

 

  • La 1ère réunion publique a eu lieu le 5 avril 2018 au Café Utopic. Elle a réuni une trentaine de citoyens, acteurs et élus locaux et permis de donner envie aux personnes de s’impliquer dans sa conception. La présentation de la démarche artistique participative et de la scénographie imaginée a permis aux participants de se projeter et d’imaginer ensemble le festival. Ils ont ensuite eu l’occasion d’échanger et de mettre en avant leurs idées, mêmes les plus utopistes grâce à une animation appelée « Les 6 chapeaux » qui incitait chacun à réfléchir selon différents modes de pensée, mais en les explorant un à un. De là est née une clarification de ce qui animait les participants dans la réalisation de ce festival (convivialité, partage, rencontre, échange, (re)découverte de Mirecourt et ses environs, co-construction, ouverture à tous, mise en valeur des patrimoines…). Cela a également permis d’identifier des points de vigilance pour assurer sa réussite : météo, sécurité, mobilisation des participants nécessitant une communication efficace, ne pas vouloir trop en faire au risque de se perdre dans l’organisation… . Enfin, beaucoup d’idées d’activités ont été proposées dont certaines se sont concrétisées par la suite : atelier cuisine avec dégustation en pleine conscience, parcours sportifs sur et autour du Madon, concerts sur une scène flottante, jeu de piste des patrimoines, toboggans sur les escaliers, crieurs de poèmes, hamacs où lire ou se détendre en écoutant des contes…

 

  • La 2ème réunion publique s’est tenue le 18 avril 2018 à la salle municipale de la Bonbonnière, avec une trentaine de participants pour moitié différents de ceux présents à la première réunion. L’objectif était de définir les activités à mettre au programme des 5 jours de festival, d’identifier les porteurs de ces activités et leurs besoins (lieu, matériel, compagnons d’activité, logistique…), ainsi que de faire un premier appel à bonnes volontés pour l’organisation de l’événement dans sa globalité. Les idées sorties de la réunion précédente ont été regroupées en 4 thématiques :

 

 

  • ÊTRE EN FORME (sport, jeu, détente)
  • ALIMENTATION/AGRICULTURE/REPAS FESTIFS
  • SANTE/BIEN ÊTRE
  • (RE)DECOUVRIR MIRECOURT/SPECTACLES (valorisation des patrimoines, animation des lieux)

 

Chaque participant était invité à rejoindre un groupe thématique pour suggérer ses activités et réfléchir collectivement à la manière de les réaliser ou encore proposer son aide en amont et durant le festival sur une ou plusieurs thématiques. Une quinzaine d’activités portées par les habitants de Mirecourt et de la communauté de communes ont ainsi émergé. Des rencontres avec chaque porteur d’activité ont suivi pour avancer ensemble sur les projets. Certaines ont fait naître de nouvelles activités et porteurs de projet qui sont venus étoffer la programmation jusqu’au début du mois de juillet.

 

  • La 3ème réunion publique a eu lieu le 26 juin 2018 à la salle de La Bonbonnière en présence d’une quarantaine de personnes dont une bonne partie de porteurs d’activités non présents aux réunions précédentes. Ce dernier rendez-vous une semaine avant le festival avait pour but de permettre à chacun de s’approprier le programme, de faire un appel à bénévoles et matériel pour l’organisation, ainsi que diffuser la communication du festival (programme, affiche, flyers pour la scène ouverte et les derniers ateliers Festiv’art).

 

Ces réunions ont permis de co-construire le festival, de le faire connaitre, et de permettre à une grande diversité de citoyens d’y participer. Elles ont démontré l’intérêt des habitants pour ce type initiative et leur désir de s’impliquer, elles sont donc essentielles pour la construction du prochain festival. L’idéal serait de les multiplier en amont du festival afin de mieux intégrer les citoyens à la démarche, voire qu’ils les organisent eux-mêmes afin d’en faire un festival complètement participatif. Après une première édition qui expérimentait le format, les citoyens et porteurs de projet peuvent se mobiliser pour le faire évoluer selon leurs attentes. Les réunions publiques sont le premier lieu de débat et de mobilisation, elles sont l’occasion de favoriser la prise en main citoyenne pour une prochaine édition. Enfin, bien communiquer sur le lieu et les horaires de réunion -en s’assurant qu’ils permettent à tous ceux qui le veulent d’y assister- rendra ces réunions encore plus « publiques » !

 

A noter : la réunion de restitution et bilan du festival Utopic&Co est prévue à Mirecourt le 5 novembre 2018

 

Références :

DESFORGES Marc, « Qui est l’entrepreneur du Bien-Vivre? », crois-sens.org, 30/05/2018, http://crois-sens.org/2018/05/30/qui-est-lentrepreneur-du-bien-vivre/ et http://crois-sens.org/wp-content/uploads/2018/05/Tribune-Entrepreneur-du-Bien-Vivre.pdf

 

BRENGUIER Agathe, « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours », crois-sens.org, 5 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/05/le-festival-utopic-co-2018-celebre-sur-le-bien-vivre-sur-le-territoire-de-mirecourt-dompaire-et-ses-alentours/

Plus d’infos sur les réunions publiques UtopiC et autres bientôt ici : https://bien-vivre-maintenant.fr

 

Camille Morel

Chargée de recherche chez Crois-sens